BESTIAIRE
Un survol des animaux de nos mythologies européennes :
attributs des Dieux, et monstres fantastiques…


Troisième partie : # 3/5
du Dauphin à l’Oie…




LE DAUPHIN


          Le dauphin est un mammifère marin de la famille des cétacés : « Dans la famille des Monodontidés (Baleines blanches) il y a 2 genres à espèce unique : le Delplhinapterus leucas, Béluga ou Dauphin blanc et le Monodon monoceros ou Narval. La famille des Monodontidés se distingue des autres Odontocètes (Cétacés ayant des dents et se nourrissant de céphalopodes: seiches et cal

mars) par l’absence de nageoire1 dorsale et la présence de vertèbres cervicales non soudées. » Alex / Web [fjord-best.com]

Rôle symbolique* 2 : « Le dauphin aidait les Grecs à pêcher les muges et les mulets et cela lui était d’autant plus facile qu’il était d’origine humaine. »
          À ce sujet : Pline, nous raconte que « les pêcheurs nîmois utilisaient des dauphins qui poursuivaient les poissons dans leurs filets, tuant ceux qui s’échappaient mais ne les mangeant qu’une fois la pêche terminée. »

Étymologie : Son nom Delphis est proche de delphus, “matrice”, mais le delphis est une oie de mer, en fait la Grue sacrée* (cf. infra) des marais nordiques ou Maglemose et, de son nid, sortit la civilisation atlante comme d’une… matrice , elle qui pond l’Œuf d’Or d’Avallon, l’Embryon, l’Omphalos.



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En Grèce : Cette Delphis ou Grue sacrée* est celle qui a sauvé Apollon des eaux et l’a ramené d’Hyperborée (!) où on lui sacrifiait des hécatombes d’ânes4.
          Selon l’hymne homérique, c’est sous la forme d’un dauphin qu’Apollon* aborda les rivages de Grisa – le Pays des Grises, Grées (d’où le nom des Grecs) car, psychopompe, le dauphin accompagnait les défunts dans les “Îles des Bienheureux (Makaron) au bout du Monde”, en les portant sur son dos – puis il s’en alla vers Delphes5et en Crête. Ainsi, selon Plutarque, en est-il du mythe* d’Arion.
          
« Apollon-Delphyné “arriva dans l’ancienne cité de la Pythie sous forme de Dauphin6 et lui donna son nom Delphes… »
          Voilà sans doute pourquoi le dauphin était consacré à Apollon, donc à Delphes où il ornait le trépied de la Pythie cette “sibylle du Python” et, c’est lui qui tirait le char d’Apollon (Hélios) pendant la partie hyperboréenne (ou nocturne) de son trajet journalier.



          C’est sans doute pour marquer son appartenance, que Héra (La Blanche Biche du Marais) portait le nid flottant de la grue sacrée, le kalathos, sur sa tête comme un diadème royal ou, plus tard, une tour symbolisant la cité : l’ancien Walburg des nordiques… (tout comme les Égyptiennes portaient celui de l‘Ibis, adaptation locale de la Grue sacrée).
          
          Orphée (à la lyre) était un Argonaute” c.à.d. un martin-pêcheur d’Argos, un “lumineux” fils d’Ar, un Ar…gone dirait un lyonnais. Pour ne pas être noyé dans le raz de marée boréen « il fut porté à la surface des eaux par un dauphin » ou, peut-être par un nid de grue Delphis des marais qui flottait tel un coracle/ caillach. La Mythologie précise que “Sa mère avait le teint si clair qu’on l’appelait Chion la neigeuse”.


          Persée, est nommé le “poisson pilote” du Dauphin.

Chez les Celtes* : le “grade” de Dauphin” – comme celui de Saumon chez les goïdéliques – est l’acquisition du grade de “messager de l’au-delà” (pour les Grecs aggelaos-Engel- ange, cf. art. Elfes* et Sirènes*).
          Le titre du fils du roi de France, acquis par la possession à vil prix du Dauphiné, serait donc un résidu d’un très ancien rituel qui n’était probablement plus tout à fait compris à cette époque, même par Humbert II le Dauphin…ois.

Astrologie* nordique : le Capricorne, la chèvre à queue dardée de dragon*, de poisson ou de Dauphin est, nous semble-t-il, le descendant du Narval* ou “bélier de mer” des chefferies du Maglemose, comme signe de la naissance du Dieu Fils au Solstice d’Hiver !

Avec la “nouvelle foi” : Bien curieuse est cette Mélusine* aux pieds d’oie (pédauque) d’Andlau (Alsace) : nue, elle chevauche un dauphin dont elle tient en main la queue en forme d’Irminsul*. N’est-ce pas là un clin d’œil que nous fait le Maître sculpteur à travers les interdits de l’Église* concernant l’Ancienne Coutume de nos ancêtres ?




          « Le Christ a été assimilé au dauphin (“Dieu Fils” solaire associé au solstice d’hiver)n, considéré dans l’antiquité comme sauveur des hommes, et les représentations sont nombreuses dans les catacombes chrétiennes du Dauphin sur une croix*, une ancre ou un trident (…de Neptune, figurant la Rune* de Vie )n, a une époque ou la figuration du Christ sur la croix n’était pas encore envisagée. » Jacques d’Arés, Encyclopédie de l’ésotérisme.



L’ÉCUREUIL

Étymologie* : en latin sciurus, Sciuroleus ; anglais squirol ; en grec ski-ouros, “qui se fait de l’ombre avec la queue”; en allemand Eichorn de Ask-Horn “trompette du chêne”.

Dans la mythologie nordique : Ratatosk, “dent de rongeur”, est un animal qui “parle” – ainsi que le Corbeau, le Loup et le Cheval, écoutez-le dans nos bois, vous verrez c’est surprenant !…
          Ratatok fréquente l’Irminsul* et il est tellement bavard qu’il empêche Wotan d’entendre les murmures7 de Mimir. Il sème la discorde par ses va et viens incessants le long du tronc de l’Arbre du Monde, rapportant à l’aigle Hraesvelgr “celui qui mange les cadavres” perché en haut d’Yggdrasyl d’où il crée le vent en agitant ses ailes, ce que dit la Niddhögr8 qui ronge ses racines, puis il redescend lui “rapporter” la moindre rumeur venue du ciel.

En gaulois : écureuil se dit vever (ouéouèr), d’où “Bebert l’Écureuil”.

Lieu-dit :
Echirolles près de Grenoble.



L’ÉLAN


Étymologie :
L’élan gaulois est cité par César qui le nomme Alce et son nom gaulois Alco-vindos, “l’élan blanc”, nous ramène très probablement à Alcinoos et aux frères Alciz des Naharval. La Rune* de Vie est dite aussi rune de “l’élan”, Algiz : elle a des ramures… d’Irminsul ! (cf. aussi l’art. Cernunnos*).




LA GRENOUILLE


L’emblème d’Argos9 est une grenouille.
Elle est un
symbole* de résurrection et de métamorphoses.


Étymologie : Son nom gaulois Ranna/ Rannit à donné Reinette, celle qui dans les contes redevient la Reine qui avait été changée en grenouille par la “méchante” Fée/ Fade (cf. art. Destin*), forcément méchante… puisque figurant dans nos contes la “nouvelle foi” qui cherche à occulter l’Ancienne Coutume (le même procédé se retrouve avec la Belle Mère de Blanche Neige) !

          “Ma Reinette” ou “Grenouillette” sont restés des mots affectueux et si, en langage populaire, on appelle les filles des “grenouilles”, ranna en gaulois (d’où le patronyme breton Rannou”). On les appelle aussi des “nannas” 10 ce qui rappelle la déesse germanique Nanna car, ne sommes nous pas aussi Francs que Gaulois ?

Dans le Nord : « Tuer une grenouille est en Europe un “charme” pour faire venir la pluie. » nous dit Mannhardt in Le culte des Arbres.
          Remarquons à ce sujet que les “grenouilles rieuses” coassent si fort avant les orages qu'il faut “battre les étangs” pour les faire taire. Mais, nous ajouterons aussi que c'est un "rite de mémoire" pour l'Europe du Nord car, après la submersion du XIIIème siècle AEC, les longues vallées obstruées par des amas d'arbres déracinés, d’animaux et d’humains noyés dans le limon, furent transformées en marais pestilentiels qu'il fallut reconquérir et, n’en déplaise aux brittoniques pour qui les Frenchies sont des Frogeaters, il n'y avait alors guère autre chose à se mettre sous la dent que… des grenouilles !

Chez les Grecs : elle est Phryné une “courtisane” qui préside au fêtes de… Poséidonia (une fête* de renaissance de la fécondité… dans la Joie).




Les Celtes offraient à leurs morts des mets délicats comme ce rituel plat de grenouilles trouvé dans le tumulus d’un chef aux environs de Châlons-sur-Marne…

Chez les Francs :
trois grenouilles figuraient sur l’étendard de Clovis/ Chlodoweg “illustre combattant” et elle fut souvent représentée sur les bas reliefs où sa forme évoque fort bizarrement celle d’une fleur de Li(s) mal formée (cf. art. Blason*) :

Grenouille : màj proposée le 20 sept.04 par coupi@ : « ALU, Je suis dubitatif sur les trois grenouilles (ou crapauds) ayant figuré sur l'étendard de Clovis (cf. ton article Bestiaire.htm sur <racines.traditions.free.fr>. L'évolution en fleur de lys telle que démontrée sur le site Wikipédia : me semble quelque peu tirée par les cheveux…
     Alors, interprétation ou mauvais discernement de l'époque de l'iris germanica stylisé ? L'aspect de celui ci conduit à interrogation. Mais, cette hypothése pourrait être soutenue par les rapprochements, Francs - Germains - emblématique de l'Irminsul.htm, Iris la messagére des dieux grecs –> l'arc en ciel –> ou Bifrost. Mais qu'en penses tu? C’est peut -être à développer. Au plaisir d'@ : René »

     Réponse TT : il n’y a pas le moindre doute : cest un fait très connu. Cet animal des marais (= hère –> Héra) était un signe d'appartenance de ces peuples qui avaient peuplé le Maglemose, et son importance est aussi attestée chez leurs cousins, transfuges de la Grande Transgression Marine de Frise du XIIIème s. AEC (cf. atlantide.htm : les Doriens/ Héraclides –> Grecs), cf. le mythème de Phryné...
     Par contre le dessin que tu m'envoies nous propose sans doute une justification secondaire car la grenouille - éminemment païenne donc - fut tabouée par l'église.htm et, perdurant à travers l'œuvre des compagnons sculpteurs comme "décors" sur les églises, nous serions là en face d'une justification ultérieure de sa présence (assez filandreuse pour un Païen, (cf. paganisme.htm) comme d’abitude : “phagocitez ce que vous ne pouvez éliminer !”)
     Re Coup
i : « Voici une piste qui justifie ta thése de récupération par l'église : (de nombreux saints avaient d'ailleurs comme attributs des animaux, éléments d'anciens cultes païens phagocytés pour "la bonne cause"), celle de Saint Rieul apôtre de la région de Senlis au IIIéme siécle qui commanda aux grenouilles de se taire (voir le document joint). De là vient peut-être l'expression "grenouille de bénitier"… À noter qu'une église est dédiée à celui-ci dans la commune de...Brenouille !!!
Extrait du document joint : Saint Rieul, 1er évêque de Senlis, le miracle des grenouilles. Lorsque le nombre d
e ses auditeurs étaient considérables, Rieul les réunissait en plein air et "il les nourrissait du céleste aliment des vérités divines" (Delettre) or, un jour, en un lieu appelé Rully, comme son discours avait duré jusqu'au soir, le coassement des grenouilles d'un étang voisin vint à couvrir sa voix. Le saint leur commanda de se taire et les grenouilles gardèrent alors le silence ! Ainsi, rapporta saint Ambroise, “des créatures privées de la raison enseignèrent aux hommes le respect qu'ils doivent avoir pour la parole de Dieu”. Il est à noter qu'en souvenir, les habitants de Rully ont fait représenter une grenouille sur le tableau de leur chapelle de saint Rieul. Une église est dédiée à St Rieul : Brenouille ; et une paroisse lui est dédiée : Senlis. »


La Grenouille de Rocourt-St-Martin


En Inde :
la “Grande Grenouille” est le nom donné au Mandala* à soixante quatre cases. (Cf. aussi art. Vierges Noires*)…

En Égypte : Tigit est aussi appelée la Grande Grenouille et, avec son équerre (Gamma), elle veille à l’Ordre du Monde.




LA GRUE SACRÉE


          « Depuis la préhistoire, la Grue est un oiseau sacré* pour les peuples de la Méditerranée. A Val Camonica, par exemple, il existe dans le rocher des sculptures qui semblent remonter aux environs de 1.300 à 800 AEC. » Sig Lonegren, Les Labyrinthes, Dangles, 1993.

          « Le retour cyclique des grues est un
symbole* de régénération. Leur vol de haute altitude, en forme de chevron ou de Vé 11, et leurs grands cris évoquant la trompette les rattachent au culte hyperboréen en qualité de messagères volant vers l’autre monde situé “par derrière le vent du Nord” (hyperborée*)n. » J.–P. Ronecker, Le Symbolisme animal.


          La grue est aussi un symbole* de curiosité, comme le héron qui “fourre son bec corné partout”. Son nom de “Grue” lui vient de l’onomatopée “Grou-Gruou” qui est son cri. Elle vit trente à quarante ans et elle est monogame et fidèle : ces deux traits étant très “humains”, ceci n’a pu que la rendre sympathique à nos ancêtres.




          Le retour des Grues sacrées se produit en Février, vers la Sainte Brigitte patronne des Druides… et ce ne peut être un hasard !

Grue animée


Habitat : il est situé pendant la belle saison depuis l’Atlantide* boréenne ou Grands Marais frisons – où elle est Delphis, l’oiseau du marais – jusqu’à la Sibérie, zone qu’elle quitta probablement vers 8500 AEC après la Grande Catastrophe, montrant aux hommes désemparés par le gel et l’obscurité soudaine, la route de la grande dispersion (cf. art. Déluges* et Origine* Polaire des Indo-Européens*). Volant un peu au dessus des brumes de sol et se guidant ainsi aux infrarouges, elle suivait le pâle soleil voilé de cendres volcaniques vers le Sud où elle “estive”, de l’Espagne méridionale jusqu’au Nord de l’Afrique et au Soudan. Depuis, et chaque année, 100.000 grues traversent l’Europe, principalement l’Allemagne et la France, sur 5.000 kM.



Son aspect d’Irminsul* volant (ou de petite ourse) qu’elle indique dans sa migration estivale quand elle accompagne Apollon* au couchant/ Occident (sur l’Océan !) devait en faire un symbole* solaire qui est resté au Moyen-Orient, localement ethnicisé en Aigle. La racine consonnentale pré indo-européenne* GRN se retrouve aussi – et ce n’est pas étonnant – dans Grannos “Soleil” (n’était-elle pas dans la circonstance son guide?) et dans son nom gaulois garanos, ainsi que dans “corne” qui caractérise son bec 12 .



          Puisque nous parlions d’Irminsul – l’Arbre du Monde des Nordiques – remarquons sur ce
chapiteau de St-Benoit-sur-Loire la forme générale d’Irminsul, bien souvent baptisée “palmier” (« C’est tellement mieux d’oublier ses ancêtres et de faire dans l’exotique ! » Euphronios Delphyné) à gauche, deux grues protégeant de leur patte un Irminsul dans sa forme authentique de “Fleur de Ly(s)” et, au centre, deux grues qui boivent dans un calice…

          « Une des particularité des échassiers tel que la grue ou le héron, est qu’après avoir attrapé des poissons dans les cours d’eau, ils les disposent sur la rive, les queues les unes contre les autres, formant une roue13, ce qui était primitivement le symbole* du soleil ou de la vie du roi. » J.–P. Ronecker.


Ce motif des Cornes de Torrs (Écosse) est le col de Grue sacrée.

         
          La grue fait un nid flottant qui survit aux inondations ! Elle le tapisse de plumes (cf. Delphes in art. Apollon*) et, puisqu’elle habite le marais de l’Eider, on fera de son duvet des eiderdown14, c’est à dire des… édredons !


La déesse germano-scandinave
Berchta est l’ancêtre de toutes nos folkloriques Reines Pédauque car on dit dans leur mythologie qu’elle a des pieds de grue.



Le retour d’Aphrodite
volant sur une grue sacrée

Chez les Grecs : la grue était l’oiseau sacré de Mercure/ Hermès, le messager/ aggelaos des dieux et des déesses. Elle était consacrée à Artémis et à Athéna – l’avatar “sage” d’Héra “la protectrice” – ou à Canéthos qui est toujours figurée avec une coiffe en forme de panier sacré, le kalathos15 qui, de notre point de vue, est donc un “nid de grue” tapissé de plumes. De même, en Égypte, Sérapis porte sur la tête le kalathos, corbeille des mystères et de la fécondité. 
          Il faut remarquer que, de protecteur des petits, ce nid est devenu tout naturellement l’enceinte fortifiée de la cité : à l’origine le Wallburg des nordiques ancêtres des Doriens, puis la “cité” sommant nos Blasons*. Ainsi, Héra est tardivement représentée avec sa couronne royale, puis avec des murailles fortifiées, rappelant celles de l’archaïque wallburg de Troja, Atlantis la boréenne qui la vit naître !…

    


         Plus tard, plus élaboré, ce nid/ diadème fut tressé en osier (cf. Ousia in art. Arbres*) et pouvait ainsi résister aux secousses de la Danse* de la Grue (cf. aussi art. Labyrinthe*) ! Ainsi Era/ Héra (la Terre du Marais), de même que plus tard Athéna/ Assina, prirent des allures de Grue couronnée avec l’aide de son nid, tandis que les Dises nordiques, Brunhilde en tête, officiaient avec un manteau* divinatoire fait de ses plumes (cf. art. Elfes*) !
          On sait d’autre part qu’un berceau en osier (cf. Saule, in Arbre* sacrés) est un nid refuge, un paradis, une corbeille sacrée* appelée Canetha ou “Hélène”, et nous connaissons le rapport mythologique de ces corbeilles rituelles avec le couple Soleil, Serpent phallique au sujet d’Atlas et d’Erichtonios l’Athénien.

          Mais, voici une curieuse citation :
« Des grues volantes, à face de Gorgones et à buste de femmes, veillaient sur “les secrets du sac en peau de grue”, lui-même protégé par une tête de gorgone. » Citation que nos articles Sirènes*, Elfes* et Déluges* pourraient fort bien expliquer et qui peut éclairer différemment l’Égide d’Athéna comme étant un sac “tambour” (cf. le disque de Phaïstos ?)


        
Harpe des cyclades datée de 2800 AEC   &   Lyre étrusque aux grues sacrées


En Étrurie : au Musée de Florence, on voit sur le vase de Volterra du Ier siècle AEC, Héraklès libérant Hésione du Monstre Marin : une grue tenant un ruban (une bandelette) en son bec combat un pygmée et semble le lier* (iconotropie), à moins que ce soit là une anguille de Frésia offerte à ce nain bien digne d’être Tarchiès l’accultureur, cousin d’Oli (celui du Capitole), et le pendant de notre nordique Mimir…


        


En Gaule Romaine : à gauche, sur ce trophée d’armes gauloise sculpté sur l’arc de triomphe romain d’Orange, nous voyons un bouclier sur lequel sont gravées deux grues posées sur l’Arbre du monde : cela confirme l’importance symbolique que cet oiseau migrateur avait conservée dans la culture gauloise ! Il nous rappellera cette autre sculpture16 à droite sur laquelle un Irminsul est gravé sur le bouclier dominé par une grue qui crie son désespoir…

Chez les Celtes : “Les secrets17 du sac en peau de grue” (bolg) que nous venons de voir dans la Mythologie, se rapportent à “l’alphabet secret” (cf. art. Runes*) des peuples de la mer, les Pélasges. On le retrouve dans la mythologie celtique : « Manannan Mac Lir, héros solaire goïdélique apporta les trésors de la mer (c’est à dire l’Alphabet Secret des Peuples de la Mer) dans un sac fait de peau de grue.

          « La Grue était aussi associée à la mort et au monde souterrain dans le mythe de Midir, dieu goïdélique. Celui-ci vivait dans un château de l’Île de Man, appartenant à Manannan. À la porte de ce château, trois grues avaient pour rôle de détourner les voyageurs en criant : “Défense d’entrer ! Défense d’approcher ! Passez votre chemin !” » Jean-Pierre Ronecker.

          « Sur le Chaudron de Gundestrup, la Déesse est – aux alentours (de la fête*)n de la Lugnasad – transformée en grue par un sortilège envoyé par Taranis (ÅThor)n. Ce sortilège (triple comme la Déesse) se présente sous l’aspect de chiens (cf. supra). Est-ce une allusion aux jours caniculaires (canis “chien”), jours les plus chauds de l’année, tombant naturellement au mois d’Août, en période de moisson ? » Bouyer & Manquat, revue. Message 51, Juill.. 1999.
          Cependant que Emile-Georges Wagner précise dans Message n°54, 2ème trim. 2000 : « Taranis, rendu furieux (par l’abandon de la Déesse Mère Rigani partie rejoindre Cernunnos) lui envoie un redoutable monstre carnassier pour la dévorer (cf. le nordique Fenrir, art. Déluges*). Mais Smertulus (ou Smertrios, cf. le nordique Vidar), protecteur attitré de la Déesse, étouffe cet animal. Taranis envoie un second chien plus petit, dont les enchantements transforment Rigani et ses deux compagnes en grues. Ces épisodes sont représentées sur le chaudron de Gundestrup. »
          Le second chien, plus petit, est-il un Sage “magicien” de l’Ordre des ‘têtes de chien” ? En, tout cas, après le cataclysme boréen qui les a expédié dans “l’eau-delà”, leurs “esprits-oiseaux” deviennent des Grues sacrées, connues pour être psychopompe…

          Trois Grues encore accompagnant un Taureau figurent sur l’autel gallo-romain trouvé dans les fondations de N-D de Paris, c’est le Tarvos trigaranos car, en Gaule, la Grue Sacrée représente la Déesse Mère triple, la force créatrice du monde et les “trois femmes du Sidh*” (cf. art. Destin*), c’est pourquoi elle est la compagne d’Ésus (le Bon) parèdre saisonnier de Cernunnos*, puis du taureau Tarvos, elle « qui est prisonnière dans l’Arbre cosmique et que l’abattage de l’arbre par Ésus va délivrer (Danacanamon, revue. Message n° 50). » …




          « Origine des trois grues celtiques : trois femmes âgées (les Grées)n, nommées les Péliades, desservaient le sanctuaire (grec de Dodone) et interprétaient les oracles (en observant le vol de trois colombes). Certes, le terme Péliade évoquait la colombe
mais, dans un dialecte parlé en Épire, le mot péléiai signifiait également “vieille” (cf. les Grées. les Grises)n. Ce qualificatif renvoyait symboliquement à la “grand-mère”, une déesse nourricière archaïque qui transmit son nom, Maïa18 (grand-mère), à l’ainée des sept Pléiades* (“les navigatrices”)n. »
          « Le plumage de la grue est bicolore ; un vieillard (gerenios en grec) est gris, soit noir et blanc comme la grue cendrée (geranos). Les trois vieilles (graïai) femmes-colombes de Dodone incarnaient donc les “Trois Grues”, image de la triple déesse primordiale et figuration symbolique des Pléiades ; c’est pour cette même raison que les Gallo Romains surmontaient souvent de trois grues leurs représentations du Taureau céleste. » Raymonde Reznikov, Les Celtes et le Druidisme, Dangles, 1994.
          Remarquons qu’il ne s’agit pas là de tardifs jeux de mots mais de différentiation sémantique depuis une racine mère : cela devrait nous amener à considérer la “langue des oiseaux” (…géranos) utilisée par les “Chanteurs de mémoire” Minnesänger et autres Trouveurs/ Trouvaïres avec un peu plus d’attention et en n’oubliant pas le rôle de la “prescription secrète” (cf. la ”kala” in art. Gioïa*) pendant cette dangereuse période d’installation de la Subversion Culturelle orientale !


          « La Grue, ou triple grue, est une figuration importante de la Grande Déesse Mère du monde, de la triple Mère Nature dont la fécondité nécessaire est assurée dans une parfaite amoralité, confondue par les chrétiens avec l’immoralié, c’est d’ailleurs ce qui assurera plus tardivement une si mauvaise réputation à cet oiseau. Symbole de la Force Créatrice au féminin, il est l’emblème de l’immortalité cyclique, et ce, en tant qu’oiseau migrateur (symbole du cycle saisonnier)n.
          « Il est probable que le monde celtique tenait la Grue en grande estime, et nous voyons ici et là l’interdiction de la tuer ou de la manger, en fait elle était un animal sacré*, à l’instar du cygne (son avatar)n. » Vindasebara, revue. Druvidia N° 3.

          Dans les mythologies celtiques, les “Femmes Cygnes enlèvent quelquefois leurs plumes et apparaissent nues19 aux homme : « les femmes du Sidh* sont des cygnes qui enlèvent leur plumage et apparaissent nues près des lacs… »
          Ce sont des Grées (Griss, Vieilles) sans doute, ce qui en fait des âmes protectrices, des Mânes*, avant d’avoir été diabolisées par l’Église comme duses ou dises et autres sorcières* se rendant au Sabbat (en fait à leurs “Esbats druidiques”).
          Chez les Nordiques, c’est leur peau de phoque qu’elles enlevaient telles des Inouïts en revenant de la chasse au Narval*, mais celles-là étaient encore toutes roses et bien en chair…

          On trouve aussi le nom de notre oiseau sacré* dans Garan-inga (cf. Rune Ing “descendance”) car, puisque la Grue est psychopompe, c’est elle qui apporte les enfants, les âmes-nouvelles dans le clan*. Ceci permet de comprendre pourquoi l’on dit d’un animal de race qu’il à un beau pedigree, déformation aquitano-brittannique de “pied de grue” (pé ,d’auca en occitan) qui est la figuration de l’arbre généalogique et est d’autre part, la Rune* de Vie Alce/ Algiz où l’on retrouve l’Irminsul* et Cernunnos* car « Tout se tient ! »



          La grue est souvent remplacée par l’oie sauvage, l’oie de mer Delphys ou le cygne, le héron, voire même la cigogne (cicon –> teuta/ tribu des Sicuones) et… l’ibis en Égypte.

          
Dans une vieille chanson allemande, les enfants demandent à la cigogne d’où elle vient. Elle leur répond « I min faders affilgärds… » : “je viens de la pommeraie de mon père” (sous entendu “comme vous”) et ce rappel de l’Île aux Pommes comme lieu d’origine des grues sacrées* nous confirme dans nos hypothèses dictées par ce “point de vue” si original, mais fort éclairant que nos manifestons bien souvent dans notre étude des Origines de l’Arbre de Mai.



Disons donc à ce sujet un mot du dieu Gaulois Smertrios, ce “dieu mal connu” selon Marcel Brasseur, et qu’on voit ici sur le Pilier des Nautes des Parisii : et si, aussi invraisemblable que cela paraisse à ceux qui préfèrent les idée reçues, le “serpent” qu’on aperçoit à hauteur des yeux de Smertrios était une tête de Grue sacrée (ou de cygne, ou d’oie, leurs équivalents germanique ou romain) ? Elle lui indiquerait alors, fidèle à son rôle de guide, de messagère, la direction salvatrice du Sud au moment du “grand hiver” Fimbulvetr (cf. art. Origine* polaire) et lui, Smertrios, confirmerait dans un questionnement attentif cette direction, avec ce curieux mouvement de son bâton/ massue (de dieu récurrent “partant à la conquête de la belle saison”, cf. le Héros in Jean Haudry) ? Si cela était, on comprendrait mieux que ses phalanges soient à l’extérieur,ce qui est une manière bien peu anatomique ou fonctionnelle pour assommer le serpent ! Nous serions donc à nouveau dans un face à face iconologie/ iconotropie cher à Robert Graves…


La Grue au Triskèle
Plat celtique (Éburos) de Numance/ Soria (E) 1er siècle AEC.

Plus loin, vers l’Orient : si nous en croyons la Bible (Lévitique XI-18-19), la grue est “un oiseau immonde, impur”. Influence antagoniste des réformateurs prophétès (“interprètes” de Jhvh) sans doute dans leur lutte dépréciatrice contre les éléments subsistants du paganisme Ébro/ Hébreux ?

          Chez les Égyptiens, le rôle de notre grue est tenu par l’Ibis sacré, incarnation du dieu Thot (personnification du savoir et de la sagesse et “patron” des astronomes*, des magiciens, des guérisseurs et des enchanteurs, –> Å Hermès/ Mercure). Pour Jean Chevalier (Dictionnaire des Symboles, Laffont, 1969.) il “symboliserait toute opération de l’intellect pratique”.
          Tout comme son équivalent indien, le Bennou, est l'oiseau-intelligence car, comme le dit leurs cousins du Rig veda : « L'intelligence est le plus rapide des oiseaux. »

En Chine, sur le site de Jiahu, on a retrouvé une flûte20 faite dans un os (cubitus) de grue couronnée et datée de -7000, c-à-d au début de leur néolithique (Nature 1999).

Au Moyen Âge christianisé, quand les sources de la “vieille coutume” païenne commençait à s’estomper, les superstitions (“croyances”) qui remplacèrent la Connaissance firent dire que l’ambre* était produit par la fiente du mythique oiseau Archibobuc : nous verrons donc là, la Grue sacrée qui nichait dans le Grand Marais salé de l’Europe du Nord où les marées, brassant sable et tourbe, délogeaient l’ambre qui flottait alors parmi les nids (kalathos)…

Héraldique : nous verrons dans l’article Blasons* que la grue et son gruon faisant “le pied de grue” dessinent un “chiffre de quatre” 4 alchimique* et qu’ils marquent dans les limons marécageux des “pé d’auca”/ pedigree semblables à des “Runes* de Vie ”,

Folklore : les Bretons des Côtes de Nord disent encore que, lorsqu’il tombe de gros grêlons, “le bon dieu jette les os de ses oies !”.
          Souvenir aussi, sans doute, est le fait que les flamands roses sont considérés comme des oiseaux sacrés par la population du lac de Bahmké (Afr.),




Architecture : Ci dessus, la grue un chapiteau du Palais Duval à Venise. Et, chez nous, dans l’église romane de Thuret (Thor?) un chapiteau montre aussi une grue tenant le serpent (diluvien) en son bec (serpent qu’en Héraldique on appelle une… Anguille). Avec quelque attention, on peut aussi la voir sur le toit de cette église en bois de Suède :



Lecture : Pour plus de renseignements sur les mœurs de notre grue, on consultera avec intérêt la plaquette “Les oiseaux de Champagne-Ardenne” c/o La ferme aux grues, 51 290 St-Rémy-en-Bouzemont, ainsi qu’à la revue La Hulotte, n° 56 et 57 et au livre de B. Bertrand, La route des grues, Ferme de Terran, 31160 Sengougnet.




L’HERMINE

          Elle est surtout connue comme Meuble héraldique – et nous en parlons dans notre article Blasons* ! Connue aussi comme attribut vestimentaire, c’est à dire ordinal, de la Justice*, mais c’est dans ces deux cas son pelage hivernal qui est utilisé…


LA HUPPE


          « La Huppe est un oiseau royal parce qu’elle possède des plumes sur le sommet de la tête formant une crête (comme la coiffure royale atlante, une couronne avec trois plumes de Grue sacrée. Par contre)n son nid est célèbre pour sa puanteur. Selon le Coran, la huppe révéla à Salomon des secrets prophétiques. » Robert Graves, Les Mythes Grecs, T-I p.183.
          La dernière phrase pourrait donner à penser que le surnom d’une initiatrice de l’Ordre druidique éburon du Saumon (–> Salomon) était “la Huppe”, eut égard à ce détail de son physique comme l’était la huppe d’Alexandre (un trait génétique qu’on retrouve nettement dans la sculpture de l’Apollon trouvé à Agde) …




LE LÉZARD

          Haguedise, la Dise du Grand Tertre (cf. art. Astrologie* nordique), à donné le mot médiéval Eidechse (Eid-hexe, “serment de sorcière”), mot qui signifie aussi “lézard” en allemand, c’est donc une métaphore cryptique, typique de la Kala (cf. art. Gioïa*, la “Joie” du Troubadour). Le lézard était consacré au Soleil et, lorsqu’on dit en Sicile, où les petits lézards sont appelés San Giovanni (saint Jean) “qu’ils allument la petite lampe du seigneur”, nous ne pouvons que penser à la fête* des lampadophories antiques et retrouver leur symbole – ou sigle du solstice d’hiver : janvier + décembre (Janus) appelé le “signe du lézard 21 ” (ci-dessus), ce que nous avons d

éjà vu dans l’article Astrologie* nordique (Wirth).


LA LICORNE*


          Compte tenu de la grande importance symbolique* de cette chimère (cf. # 5/5), le sujet à été traité séparément : vous pouvez y accéder par le bouton “autres articles” (…déjà parus) de notre Page d’Accueil !






LE LIÈVRE


          Cet animal “qui gambade le jour et dort la nuit” a une particularité : « Il naît les yeux ouverts et de ce fait il est initié aux Mystères et joue un grand rôle dans la magie* et la médecine populaire. » De plus il est “changeant” (de pelage) et lunatique comme l’astre dans le visage duquel certains peuples pensent le voir se dessiner en lieu et place de notre “Homme de la Lune” :



          Très prolifique, notre Jeannot lapin est un symbole* de fécondité et pour cela il représente la Terre Mère, la Triple Déesse, Luna/ Diana/ Dana/ Nana/ Hécate/ Artio ou Artémis Phœbe. Comme Elle, il est sacré*, depuis la Grèce des Pélasges jusqu’à la Grande-Bretagne et aux Pays Baltes, et sa chasse est interdite, taboue, sauf le 1° Mai où elle est ritualisée !

          Un emblème de cette fécondité est la patte de lapin, symbole phallique s’il en est, et dont on a des traces depuis le sixième siècle AEC. On peut sans doute lui rapprocher cette coutume : « La peau du jeune lièvre dans laquelle on place de l’armoise séchée sert à fabriquer la “jarretière du voyageur” qui permet de se déplacer avec autant de rapidité22 que l’animal. » Eloïse Mozzani, Le livre des superstitions, Laffont Bouquins 95.

          Si le Lapin “pond” les œufs de Pâques chez les Germains, c’est parce qu’il est la Déesse Mère/ Lune qui précède le lever de la Soleil et que, pour Ostara/ Aurore, il pond l’Œuf du Monde à l’occasion de la renaissance de la nature” (cf. Cygne et Grue, supra). Il s’agit probablement là d’un rite* résiduel venu de la Grande Dispersion des Indo-Européens*, de cette époque où nos ancêtres suivaient le cri “gru-gruou” de la grue couronnée lors du Grand Hiver Fimbulvetter, à la recherche de la Soleil cachée par les cendres volcaniques de la Grande Éruption (cf. notre art. Déluges*)…
          Car ce n’est pas tout : les Allemands appellent le lièvre Hase, phoniquement bien près de Ase… qui est le nom du Mage nordique23 ! Cette “Grande Oreille” qu’on retrouve jusque dans les églises est celle du petit dieu gallo-romain Auribus, ou celle de la Déesse Mère “aux Oreilles” qui doit “prêter l’oreille aux supplications”, puis celle du Dieu Fils breton qui tel un “ravi” de Provence trône sur les genoux de sa Vierge Mère* et c’est aussi celle de notre hypothétique saint Oyand de Grenoble…
          Et ce “Dieu Fils” nous amène à remarquer que ce “lapin fou de mars” dont il est question dans Alice au pays des merveilles (de Lewis Caroll) pourrait bien figurer ce jour supplémentaire qu’on ajoute à l’année tous les quatre ans, entre février et mars…

Chez les Celtes : Comme le lapin vit sous terre, nos ancêtres le croyaient en relation avec le monde des morts et des “dieux inférieurs” (“l’enfer” annwn), aussi ils ne mangeaient par la chair de leur animal sacré*, leurs lointains et éburovices cousin du Moyen Orient, les Ebro/ Hébreux non plus d’ailleurs. Est-ce en rapport avec le fait que sa chair donne des crises de rhumatismes et qu’elle peut même être létale pour les personnes âgées ?

Certains maîtres de sociétés initiatiques ont utilisé au court des siècles, des signatures spécifiques et, en particulier, les Gilpins plaçaient dans leurs œuvres un singe et un lapin. Ainsi en “langue des oiseaux” était reproduit le nom Singe Lapin ou "Saint Gilpin" !


En Chine : le lièvre est le préparateur de la “drogue d’immortalité” qui était peut-être faite de “son fiel utilisé par leurs forgerons pour la fonte des épées” (Jean Chevalier, op. cit.). Il est aussi chez eux le symbole du printemps…

Au Japon : le lapin Usagi est le symbole de la longévité (…sexuelle?)


Quel secret (inavouable) ce Lièvre murmure-t-il à l’oreille du chien 
dans l’Hortus conclusus de la Dame à la Licorne* ?


Au Moyen Âge : il est encore le symbole de la Terre Mère qu’on voit sur la tapisserie de la Dame à la Licorne*, et il est celui de la Terre (des Ases-Hases) pour les alchimistes.

L’action de l’Église : Mais notre Jeannot Lapin est devenu “sorcier” par la grâce (?) de l’Église qui voulut l’éliminer (quel vilain mot !) et le remplacer par Marie.
          Cependant la tradition des œufs rouges offerts par la jeune fille à celui qui va être autorisé à la courtiser (cf. les Fêtes* provençales païennes de la Sainte Baume), en prélude à la hiérogamie rituelle des
Fêtes du 1° Mai, perdurait néanmoins comme tous les rites* fondamentaux : il fallut donc “coloniser” celui-ci et ce ne fut pas sans peine :
          On peut en effet s’interroger sur la nécessité qu’on les cloches – les anciens “tambours d’airain” des pépiniéristes atlantes* – d’aller à Rome pour y “faire leur Pâque” et de pondre des œufs, tout particulièrement lorsqu’elles en reviennent ! Preuves incontestables d’une difficile “colonisation” du mythe* de la renaissance et de la fécondité printanières, indéracinable et toujours… renaissant ! Mais, “faisant d’une pierre deux coups”, on colonisa dans la foulée l’archaïque cloche des Frisons elle-même !

          Dans le tarot de Wirth, sur la “lame” attribuée à Orion qui lutte, tel Héraklès massue en main à dextre et à senestre contre le cataclysme, la toison en “bouclier”, en pardalide, on peut voir un lièvre chthonien à ses pieds, le signe astrologique* du Taureau y figure aussi : souvenirs de son origine boréenne ?…



Dans le Folklore : Le lièvre est devenu Hare en Angleterre : un nom du Diable* (remarquons en passant la curieuse homophonie avec notre “pauvre Hère”…)
          En Dordogne, c’est le lièvre qui convoque les sorciers* pour leurs “esbats”, lesquels sont appelés sabbats par l’Eglise* qui inventa un nombre incroyable d’histoires de Diables qui “hantent” nos recueils folkloriques. Mais, on y trouve encore, quelquefois… matière à décrypter 24 :
          « Dans la Manche, des lièvres ferrés (cloutés)n, qu’on entendait courir sur les ponts (bifrost)n ou à proximité des rocailles (Rokr, Tour)n, gardaient des trésors (les Pommes d’Or)n. » Ces Vikings de Normandie sont visiblement restés bien plus proches de notre vieille coutume !



          Cette chanson populaire, citée par J.-P.. Ronecker dans son excellent Bestiaire Fabuleux (ß) appartient à la tradition des rites* érotiques des “sorcières*” de la
Veille de Mai ou Nuit de Walpurgis, et l’on peut en conclure qu’il est ici question de l’ancêtre de la rituelle Chasse à Courre au Renard qui s’est conservée en Angleterre 25 (Ah… si les écolos-pastèques étaient un peu moins incultes).
          En occitan ou appelle notre lièvre “lebra” (prononcer “lébro”) et il est l’objet d’une Bourrée montagnarde : “Ay vist lou loup, lou lébro et lou rénard dansa(r)”. Les Bretons “gallo” ont aussi conservé une danse* du même genre qui le remémore.
          Le folklore espagnol des superstitions perpétue l’interdit de la consommation du lièvre en prétendant que : « la femme enceinte qui en mange perdra son bébé ou il dormira les yeux ouverts (ce qui est effrayant)n. » E. Mozzani, op. cit.

Dicton des Alpes :
“Quand le lièvre blanc sort le matin, La neige s’alourdit le soir !”


LA LINOTTE


          La Linotte est l’oiseau de la déesse nordique Hlin “la protectrice”, une hypostase de Frigg l’épouse d’Odhin/ Wotan* en initiatrice de la culture du lin bleu dans le marais atlante* boréen de la Grande Plaine d’Héligoland, puis du filage et du tissage, attributs des Nornes (cf. art. Destin*), des Walkyries et autres Dises depuis la Grande Submersion de la Mer du Nord…

     
Le lion d’Apollonia d’Illyrie

LE LION


          Il ne peut être qu’un animal héraldique, un support d’Armoiries ou un Meuble pour nos Blasons* de retour de Croisade puisqu’il n’y a plus de lions en Europe* depuis la préhistoire. Mais on retrouvera aussi son image symbolique* en lieu et place de
la face du Soleil “dévorant” dans quelques zodiaques ou bien en alchimie*, ainsi que dans celle du Loup Fenrir (infra)…



En Inde : il figure le Temps qui s’écoule inexorablement (la marche journalière du Soleil, unité de temps… )



LE LOUP

Étymologie : Son nom gaulois volco (polonais wolko) correspond chez les autres indo-européens, à travers des mutations, à volpo et wolf (anglais et allemand), ulfr pour les nordiques, mais le passage à lucus, lupus, est moins évident et affaire de phonéticiens : ne nous hasardons pas sur leur terrain. En grec lyco (bien proche de lyké“Lumière… de l’Initiation*) ; en Sanscrit vrika “déchireur” ; iranien vehrkat26 .
          Quant à nos ancêtres gaulois, ils l’appelaient familièrement Bliez, nous y repenserons… en passant par la ville de Blois ou bien en voyant défiler le Bagad (fanfare traditionnelle) Vleiz Du (Loupo Noir) au merveilleux Festival inter-celtique de Lorient.

Histoire naturelle : Le loup est un “animal noble”, vivant en couple, chassant en communauté*, et éduquant ses petits : il ne pouvait donc qu’inspirer nos ancêtres ! 
          Le loup est souvent plus sage que l'homme : fidèle à son foyer, bon pédagogue, coopérant avec ses congénères lors des grandes chasses, acceptant un chef de meute à titre fonctionnel* mais transitoire, il sait redevenir un individualiste à la moindre occasion car la société est pour lui un moyen et jamais un but et, lors des partages, la justice passe après la force de son désir : c’est un avide et un passionné (c’est très Wotanien tout ça : Wolfung) :


“C’est une bonne chose d’entendre le Loup
Hurler sous les branches de Frêne.
Le Guerrier qui apercevra des loups
Sera favorisé par la fortune”.

Odhin à Siegfried (Chant de Regin).


Chez les Nordiques : les loups, compagnons d’Odhin/ Wotan*, sont Geri "avidité" et Fréki "témérité". Ils représentent les deux passions redoutables qui font sortir ce Jupiter nordique de la pureté de la Première fonction* dumézilienne : “humain, trop humain” !
          Dans la mythologie* germanique, le loup est constamment attesté comme le symbole* de l'hiver et, en Allemagne du Sud, l'ancien nom du mois de Décembre (Julmond ou Julmonat) est attesté, lui aussi, en Wolfsmond, le " mois du loup ". Du “Grand Hiver” ?

Màj du 3 juillet 04, vu sur la thèse de vétérinaire de Ludovic Bellis : « Les Ases demandèrent alors aux Nains de leurs forger une chaîne, ce fut Gleipnir. Cette chaîne était fine mais indestructible, et était composée de six matériaux : " des bruits de pas de chat, de la barbe de femme, des racines de montagne, des nerfs d’ours, de l’haleine de poisson et des crachats d’oiseaux. " (Gylfaginning, chap. 34). Mais Fenrir était cette fois ci méfiant, et pour le convaincre les Ases usèrent d’hypocrisie ; " Tu as sûrement remarqué que les femmes n’ont pas de barbe et on n’entend aucun bruit quand court le chat, il n’y a pas de racines aux montagnes " (Gylfaginning, chap. 34). Ils s’en allèrent ainsi sur le lac Amsvartnir, sur l’îlot Lyngvi et crièrent au loup de les accompagner. Les Ases dirent à Fenrir que le fin ruban Gleipnir ne résisterait pas à sa force, mais celui-ci leur répondit : " Ce ruban-ci me paraît tel que je ne gagnerai jamais aucun renom à rompre une cordelette aussi étroite, mais s’il est fait par ruse et artifice, je ne me laisserai pas mettre aux pattes cette entrave. […] Mais, de peur que vous ne disiez que je n’ai pas de courage, que l’un d’entre vous mette sa main dans ma gueule en gage de ce que tout se passera sans trahison " (Gylfaginning, chap. 34). C’est alors que Tyr s’avança et tendit sa main droite dans la gueule de Fenrir. " Quand celui-ci s’arc-bouta, le lacet se tendit, et plus il se démena, plus le lacet se raidit. Alors, les Ases éclatèrent de rire, tous sauf Tyr : il venait de perdre la main. " (Gylfaginning, chap. 34). Notons qu’en vieux norrois, poignet se traduit littéralement par "articulation du loup". (N. r.t : la kenning mythologique surpasse l'ancien vocable anatomique et dans ce Jeu* du Destin*, il est certain “qu’il vient de perdre la main !”)

Un initiateur* :
Le Loup est la personnification de la Nuit et de l'Hiver, mais il voit la nuit et c’est pour cela qu’il représente la lumière. C’est pourquoi dans le Paganisme* il guide l’initié dans la nuit de sa transformation (cf. infra Lycaion –> Lycée). D’ailleurs, autrefois, l’initiateur était représenté sous la forme d’un homme loup, portant sur sa tête et ses épaules une peau27 avec la tête d’un Loup (cf. le Blason* de Nancy) et l’on pensera ici aux “Hommes Chiens” vu plus haut (Bestiaires des Dieux # 2/5)… …



Pour un initié*, porter la peau du loup signifiait :

- 1/ Que Fenrir en tant que délégué des forces obscures (et non du “mal”) avait été néanmoins vaincu après le Ragnarök/ Grande Submersion (cf. ci-dessus, où l’on remarquera particulièrement qu’il cherche à déraciner l’Irminsul*/ Clou° du Monde)…

- 2/ Qu’on appartenait à l’Ordre des Loups de Wotan, “avides” de Connaissance et “téméraires” devant le danger (tout comme l’est, chez les Druides des Celtes du Sud, l’ordre du Corbeau Brann)…

   


          Le loup est aussi un symbole* négatif, un "géant*", c’est à dire une force de la nature, un daïmon au sens grec (ce qui est tout à fait différent du Diable chrétien) ! On se rappelle que sous le nom de Skoll “ricaneur” ce loup/ lion avala la soleil :

   1/ ci–dessus, on remarquera une adaptation ukrainienne du mythe* de Vidar (hypostase post Ragnarök de Odhin/ Wotan*) qui arrache la gueule de Fenrir. Sur le Blason* accroché à l’Arbre* du Monde ou “Clou de l’Univers” figure le Lune cachant la Soleil : il s’agit donc d’un mythème concernant l’éclipse de Soleil ou sa disparition pendant le Fimbulvetr/ Immense Hiver ! Son confrère Hati “le haineux” – ou Managarm “Destin de la Lune” – est donc le dévoreur/ éclipse de… la Lune 28.

          2/ Sous cette forme, ils sont donc aussi une figure de l'ogre (cf. Orcus in § Vampire* & Chimères # 5/5) car le loup représente peut-être aussi le Grand Hiver Fimbulvetr de la fin du monde lors de la Grande Catastrophe, mais surtout le déluge* boréen en la personne de
Fenrir : on se rappelle que, mal inspiré par le logos de Loki son “père”, il dut être attaché pour ne pas dévorer le Clou du Monde lors du Ragnarök, ce séisme boréen suivit de la Grande Transgression Marine du XIIIème s. AEC. Et, c’est en prévision de cette funeste fin de l’Âge d’Or atlante que le Dieu suprême Tyr lui avait sacrifié sa main droite – celle du serment, les trois premiers doigts ouverts (cf. Jurante in § Meubles/ Blasons*) – avec un pieu mensonge pour endormir sa méfiance ; ainsi on put pu lui passer la chaîne Gleipnir, un Lien* “magique*” ! Ce loup Garm (“Destin”/ Karma*) qui est donc une hypostase de Fenrir et du Cerbère des Gréco-Étrusco-Romains est, depuis, le gardien des enfers/ néant – le Hel des germano-scandinaves (cf. art. Sacré*).

          Dans la mythologie nordique, il existe un lai de Hyndla “la petite chienne, la louvetelle” et, parlant de petit chien, signalons qu’en sanscrit kokas29 est un des noms du loup bien proche du grec kokytès, ce “cri de petit chien” ou “lament” des pleureuses funèbres : comment alors ne pas penser à Ulysse* après son naufrage en Charybde et Scylla lorsque, près du Cocyte (rivière des enfers) « il entendait les cris d’un petit chien » (Homère), en fait ceux des otaries/ chiens de mer…



En Grèce : Selon Aristote, "les animaux politiques sont l'abeille, la guêpe, la fourmis, la grue et l'homme" mais, de ce point de vue, il y manque à coup sûr le loup ! La raison de cet oubli de taille est probablement que ce Cerbère local (supra) était trop négatif et, par conséquent, tabou !



          Zeus-Loup s’est-il uni à la Blanche Biche Héra du Marais ? Dans la Mythologie* archaïque, Artémis trouve la Biche paissant avec ses congénères sur le mont Lycée (Lykaïos), or cette colline abritait un temple à Zeus Lykaïos. Le bosquet sacré* d’Apollon* à Athènes (Assiné) se nommait le Lukaïon, “le domaine du loup”. C’est là qu’Aristote donnait ses leçons tout en déambulant et c’est de là qu’est venu notre nom du “lycée”… Lykos –› lyké : ce lieu (lat. lucus) où l’on forme les louvetons ou “jeunes loups” (nordique ulfi
), un lieu où l’on reçoit la Lumière (Luce, Lug).

          On dit aussi que Hécate la Nouvelle Lune, tout comme l’Irlandaise Morrigane, se changeait en louve (cf. art. Masques*) ce qui indique qu’elles étaient prêtresses d’un culte du Loup ou druidesses/ initiatrices de la classe/ fonction* ou Ordre du Loup… comme il y a une classe des Sangliers ou des Saumons et une des Ours (avec l’Ordre des Berserkers30 chez les Germains). On comprend mieux alors que les “esbats” de Sorcières* aient lieu par nouvelle lune…

          On retrouve notre animal sacré dans le nom tribal des Louvites, des Lycaoniens, des Lyciens mais aussi – selon Strabon – par la racine dorienne daoi ‘loups” chez les Doriens bien sûr, chez les Daces, le Gètes et les Thraces31 , ainsi que chez les Scythes Haumavarka “les loups du Haoma/ Sôma” (B. Marillier, revue Antaïos n° 10).


À Rome :
Leto32/ Latone se transforma en louve avant d’accoucher d’Artémis/ Diane et de son jumeau Apollon*. On comprend donc que le loup soit associé à Apollon qui est dit lycien – cette Lycie dont nous parlons dans l’article Écriture* (européenne) – ou qu’il soit lukogénés c’est à dire “né du Loup”. Il est donc aussi associé à Mars, le palladium de la gens des “Marses” et père des jumeaux Rémus et Romulus*, leur mère étant la vestale Rhéa Silvia33, la sylphide. 




          Outre le rôle salvateur de la louve de Rémus et Romulus* (deux jumeaux* – ou des pairs initiés dans l’Ordre du Loup), ce loup fécondeur a sans doute fusionné avec le Faune archaïque des fêtes orgiaques, les Lupercales (cf. art. Sexualité*). Bien des éléments tendent à cette conclusion, à commencer par le titre "d’eugénique" que se donnaient les Romains : ils se voulaient des Faunigenæ, “descendants de Faunus” père de Latinus et de Sylvanus qui fut l'aïeul, par Rhéa Sylva, des jumeaux palatins car :
          « Au cours de la fête* des Lupercales dont le but était de multiplier les naissances, les Romains ne pouvaient donc mieux s'adresser qu'à leur plus lointain et leur plus illustre ancêtre. » Amable Audin, Les Fêtes Solaires, PUF 1945.


Chez les Celtes :
le roi des Eburons s’appelait Catu-Volcos, “Loup de combat” et le Loup gris de Merlin/ Marzin/ Myrddyn s’appelait Bleiz.
          Mais, en tant qu’animal noble, le loup semble soudain bien absent de la mythologie celtique (des Îles) : Bleiz fut-il déclaré tabou après le raz de marée boréen ? Fut-il remplacé par la “bête noire” ou sanglier, ou bien celui-ci lui fait-il suite comme ravageur, puis laboureur de la “nouvelle terre”… Eire ?
          La “nébride” en peau de loup était pour nos ancêtres l’égide° de Taranis succellos (Le Tonnant excellent), cet héritier de Cernunnos qui tient à la main une olla34 (verse-eau). De même, la nébride des Romains est une peau de loup et, chez eux, le loup est le compagnon de Sylvanus l’ancêtre de tous les “hommes sauvages” (de salvage par selva), cf. art. Blasons*.  
          « Les gaulois faisaient couvrir leurs chiennes par des loups et leur meute ont pour chef et guide un chien né de ce commerce. La meute l’accompagne à la chasse et lui obéit. Ces animaux connaissent en effet entr’eux la subordination. » Pline, Hist. Nat.


L’Église a donc diabolisé notre Loup et c’est Rudyard Kipling, dans Le Livre de la Jungle, qui nous réapprit à estimer la sage Akéla, une Asse (–› Achéla-Oz), dont il fit la mère adoptive de Mowgli, réactualisant ainsi le mythe* de Remus et Romulus*. 

          C’est probablement un confrérie initiatique de Lug qui a donné la descendance post évangélique des Garous ou Loups-garous35. J-P. Ronecker suppose qu’il s’agissait sans doute, dans la ligne de multi-artisans de Lug (premier niveau d’initiation des Druides*)n, d’une confrérie de bâtisseurs (…héritiers du mégalithique et ancêtres probables des compagnons bâtisseurs de cathédrales)n.

          Les sorcières36 qui “portent des jarretières37 en peau de loup” nous remémorent le collier magique Gleipnir qui, grâce au sacrifice du dieu Tyr, enchaînait Fenrir le dévoreur du monde nordique lors du Ragnarök/ Grande Submersion boréennes. En effet, selon le folkloriste des Hautes Vosges, L.F. Sauvé : « on ne peut se transformer en “loup-garou” (lycanthropie inventée pour cacher ce rite païen d’initiation*)n que grâce à une ceinture magique” » ce qui peut aussi faire penser à Brisingamen la ceinture de Freyja, ou à celle en peau de serpent d’Aphrodite, la grande prêtresse des bacchantes. Mais, cependant, le loup-garou continua à s’appeler "chien de dieu” (Tiou) en Bretagne, tout comme dans les Pays Baltes d’ailleurs…

          Au Moyen-Âge : « Le “Dit de la Chicheface” raconte les malheurs d’une louve qui, ne se nourrissant que de femmes fidèles (!), dut attendre deux cents ans pour se repaître… » Claude Arz, À la découverte de la France mystérieuse, Selection, 2001.

          « Dans la morale judéo-chrétienne, le loup est l’ennemi, le symbole du diable* qui, en dévorant les corps, s’approprie les âmes (?!) Du XIVème au XVIème siècle, les portes de l’enfer sont représentées sous la forme d’une gueule dévorante, aux mâchoires acérées et largement ouvertes. Les démons y précipitent les damnés. Bête, loup et enfer partagent une même représentation mêlant conceptuellement dévoration et disparition définitive. Chacun d’eux à servi, à son époque, d’incarnation de la peur38 . » Geneviève Carbone, Science et Avenir, H.S. juillet 2000.

Màj du 3 juillet 04 : «« Le Loup-garou : À en croire les plus anciennes croyances populaires, les Loups-garous étaient des hommes qui s'étaient transformés en homme-loups ou en nains*, et qui sous la forme animale, le plus souvent en loup, erraient dans les campagnes par les nuits de pleine lune. Mais dans la langue de tous les jours, ce terme désignait le sorcier* ou tout homme à l'allure bestiale et surchauffée.
          Même si on retrouve un important folklore entourant celui-ci dans les provinces celtiques* de France, voire Bretagne, Poitou, Berry entre autres, c'est évidemment dans l'aire germanique du pays qu'on le retrouve plus précisément. Il ne faut donc pas douter que la tradition des Loups-garous est bien germanique.
          En fait, Loup-garou dérive du vieux français Leu-garoul alliant le Latin lupus et le francien gari-wulf (lui même de la vieille racine germanique *wari = "homme" (h-guerrier N r.t) et wulf, "loup"). En d'autres mots, wari c'est pour “homme et viril”. Les racines des autres langues indo-européennes attestent toutes cette parenté. En vieil anglais et en haut-allemand ancien, nous avons Wer, en latin Vir, en gaulois Uiros, et qui donne Fir/Fer en vieil-Irlandais.
          Le Loup-garou, le Lycanthrope, était donc l'homme investi d'un pouvoir viril et sexuel. Nous voilà plus près de l'ancienne conception de la magie*. Très tôt en Gaule, la notion ancienne du loup, Uolcos, va se greffer à celle du chien, Cu, symbole de la classe guerrière. Le Cunoualos en Gaule était "le pareil au loup", le lycanthrope, celui qui avait la forme d'un loup. Dans la Gaule romaine, les Fils de la Louve appartenaient à une confrérie guerrière. Ces confréries vont continuer en tant que sociétés secrète tout le long du Moyen-Âge. Une confrérie de massons va aussi porter ce nom.
          Chez les Romains : Nés de l'union illicite du couple de Mars avec la Vestale Rhéa Silvia, vouée à la déesse Vesta et au célibat, Rémulus et Romulus, c'est connu, fûrent élevés par Lupa, la Louve, après qu'ils furent abandonnés par leur grand-père Amulius furieux de cet affront. L'intendant des troupeaux du roi du Latium, Faustulus, témoin du prodige, recueillit les jumeaux, tandis que la louve se retirait dans la grotte de Lupercal. Faustulus confia Romulus et Rémus à sa femme, appelée Lupa, supposément à cause de ses débaucheries mais plutôt à cause de sa dévotion aux dieux de la Nature. Les Luperques, au nombre de douze, étaient de ces prêtres au service des dieux de la Nature. Leur création passe pour antérieure à Romulus. Ils se recrutent parmi deux grandes familles patriciennes : les Quinctilii et les Fabii. Tous les ans, en février, ils exécutent des rites magiques pour défendre les bergeries contre les loups. Plus tard, ils parcourent les rues de Rome presque nus en frappant de lanières de cuir de bouc ceux ou celles qui désirent des enfants, des troupeaux ou de bonnes récoltes. Lupercalia, fêtes de la Fécondité et de la Purification du territoire à la gloire du dieu Lupercus (Loup-cervier) ou Faunus, assimilé plus tard au Pan des Grecs.
          La grotte de Lupercal, située sur les terres royales du Mont Palatin, servait de pré aux bœufs de trait (Ovide), c'est-à-dire sur le Palatin où il y avait l'ancienne nécropole, la maison des Saliens contenant le bouclier et l'autel de la Victoire érigée par Évandre. Les douze Saliens (Sauteurs), qui sont voués au culte de Mars, avaient la garde du Bouclier de Numa. Il leur avait confié ce bouclier tombé du ciel avec onze autres identiques qu'il avait fabriqués pour en décourager le vol. Une fois par an (en mars) ils exécutaient publiquement des danses guerrières (saltatio) rythmées par un chant sacré.
          Chez les germains : pendant l'initiation* guerrière, le jeune était laissé seul et nu dans la forêt avec comme seule arme une dague. Le jeune devait en ressortir portant une peau de loup. Suite à cet exploit, le jeune était affublé du titre de Wälfungen, "Fils de la Louve".
          Le Wälfungen, à ne pas confondre [Nr.t : Si ! c’est =] avec Wälsungen, confusion due à la ressemblance graphique du 'f' et du 's' germanique [Nr.t : identiques en imprimerie ancienne], était le pendant germanique du Cunoualos gaulois et du Luperque latin. Ungen, le pluriel de 'ung', qui dans la langue scandinave signifie 'jeune' [Nr.t : descendant] est apparenté à l'anglais young, au français jeune et au gaulois iouincos. Dans ce cas, wälfungen ne peut être autre chose que les 'Jeunes-loups' ("wolf-youths"). On peut voir dans les deux loups dioscures d'Odin, Geri et Freki, le pendant scandinave de Romulus et Rémus. Les autres ordres guerriers germaniques sont les Berserkers (Peaux-d'ours) et Vikings (Rois-de-la-mer)[Nr.t : descendants des baies]. Les rites* de passage de ces Ordres étaient très difficiles. Les familles des futurs initiés devaient se présenter devant l'assemblée populaire du Thing et renoncer à toute poursuite en cas d'accident grave et de mort d'homme. Si tous les Vikings étaient des hommes du Nord, Norsmen ou Nordmanni, tous les Norsmen n’étaient pas des Vikings! Tout au plus, en aucun temps l'ordre viking n'a jamais compté plus de 3000 hommes.
          Quand la Neustrie sera concédée en duché au roi viking Hrolf par le roi Franc Charles le Simple (qui était loin de l'être), c'est de la Normandie qu'on va parler. Cette Normandie comprend les anciennes provinces gauloises des Unelles, des Baiocasses, des Lexoves et des Abrincates. Hrolf va faire fi des anciennes prétentions et va distribuer ces terres à ses hommes de l'ordre viking. Malgré le fait que les pratiques païennes se font même encore sentir dans les couches gallo-franques de la paysannerie, les annales chrétiennes de 912 vont être très pressées à faire baptiser le Duc Hrolf. Un peu trop pressées certes car la conversion du Duc Normand, comme celle de ses hommes, va demeurer très superficielle car les sociétés guerrières païennes vont perdurer. Avec ce brassage, ce qui va en résulter c'est une hybridation des cultures gallo-franques et normandes. C'est cette culture guerrière, plus païenne que chrétienne, que Guillaume le Conquérant, héritier direct de Hrolf, va exporter en Grande-Bretagne. Bref, du paganisme* celto-germanique au christianisme normand il y a une lente évolution. Des restes de cette tradition vont perdurer dans le folklore et les croyances populaires normandes. Cette tradition va aussi traverser l'Atlantique en Nouvelle-France avec les colons Normands et Picards. »»




          Sur les Armes de l’évêque de Grenoble, Dullau d’Allemand, que nous voyons sur ce tableau qui a un peu souffert, on remarquera sa Connaissance de l’Ancienne Coutume ou, pour le moins, sa fidélité aux Armes familiales : Fenrir “passant” l’Arbre du Monde ou le Pommier d’Avallon et, posés en Croix de Taranis (Rune* , dite du “Don des Dieux”) comme attributs, la Crosse épiscopale héritière du Lituus romain et, un “arbalétrier”, instrument permettant de mesurer la hauteur des étoiles sur l’horizon, donc la latitude du lieu en arcs, et sans sextant : nous sommes là au 45ème parallèle. De même la couronne qui somme le Blason* doit plus aux Étoiles de l’archaïque Étolie du Vieil Ancêtre Ur Ahn (devenu Ouranos chez les Grecs) qu’à la Fleur de Lys. À coup sûr, cet évêque-là connaissait la valeur cachée de l’Astrologie/ Astronomie !

Aux Indes, il reste une figure archétypale de la religion : la “gueule dévorante”…

Dans nos folklores :
le signe astrologique* du Loup (Sagittaire) précède le solstice d’hiver. en effet, chez les Allemands, Dézember se disait autrefois Wolfsmond, le mois du loup Skoll (“le ricaneur”, qui signifie aussi “à ta santé” chez les Suédois), celui qui mange “la” Soleil pour le solstice d’hiver !
          « La vie en liberté des manades de taureaux et de chevaux a donné naissance à de curieuses coutumes qui ont un aspect proprement “folklorique”, si l’on applique ce terme à la vie collective des animaux. En proie au danger de l’attaque des loups, qui n’ont disparu des étendues semi-désertiques de la Crau et de la Camargue qu’au milieu du XIXème siècle, les manades avaient adopté un moyen collectif de défense qui a été signalé à diverses reprises, en particuier par P. Véran en 1806 et par le Dr Régis (Notes sur les Mammifères de la Provence, 1880, p. 39). À l’approche des loups, les haras de chevaux et de juments se réunissaient en cercle, les poulains à l’intérieur, chaque bête présentant le postérieur à la circonférence du cercle de manière à écarter l’agresseur par des ruades, tandis que les étalons (grignoun) galopaient à la périphérie en cherchant à l’atteindre à coup de dents et de ruades.
          « Les taureaux prenaient la même disposition, face à l’attaque, se défendant avec leurs cornes, tandis que l’étalon (tau), en valeureux chevalier, faisait la chasse au loup. Cet instinct de défense était tel que les taureaux, dit-on, se massaient selon la même disposition en vue de faire tête à l’orage : “viran li bano au gisclo” (ils tournent les cornes vers l’orage). » Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin, ATP Aubanel 1975. In Cheval + in Taureau : (cf. Folklore du Loup)

Dictons : retenons encore dans la foulée quelques unes de nos savoureuses expressions paysannes telles que "Avoir peur du Loup" ou "Avoir déjà vu le loup"… et, curieusement, en patois picard, un mégalithe (phallique) se dit un “Loup”.
Et voici maintenant un curieux proverbe russe qui fait allusion à l’immensité de son territoire de chasse : “Le loup mange avec ses pieds !”

Tourisme : J-P. Ronecker nous rappelle que, près de Nancy, il existe un curieux site, le plateau de Malzeville, qui a la forme d’une gueule de loup, seulement visible du ciel : sans doute un ancien lieu de culte à Lug (qui se prononce Lou’) “Lumière”, Lug que l’Église* remplaça – comme d’habitude – par un saint de circonstance : saint Loup, saint Lou ou saint Leu (loi, lumière) ! La Teuta/ tribu qui peuplait ces lieux était celle des Leuques dont le nom est assez transparent : Louquès, Luguès !

Lieux-dits :
Loubière, Louvière…

Réintroduction : nos chercheurs du Muséum ont permis, grâce à leurs observations patientes et sans parti-pris post évangélique, la réintroduction des loups dans le Mercantour où il peut maintenant faire la joie des “écolos” en mangeant les animaux chétifs ou malades… mais aussi les moutons bien gras39 des paysans d’alentour qui “n’ont pas voulu (?) s’équiper du chien ad hoc” : voici de bien belles empoignades en perspectives ! Mais le monde actuel n’est que dialectique, seuls les sages Ases connaissaient la synthèse propre à la logique du tiers inclus, eux les dignes enfants du synécisme de la Guerre de Fondation* des Ases et des Vanes.) 


ßiblio plus :
Levallois Christophe, Le Loup, Pardès.



1ère parution 1er août 01, Màj. 26 sept. 04